Prochaine année bissextile : rendez-vous le mardi 29 février 2028
Par Julien Vermelet · publié le 8 septembre 2026
Le calendrier 2026 n’en a pas, celui de 2027 non plus : le prochain 29 février se fait désirer. Il tombera le mardi 29 février 2028, dans 539 jours exactement. L’occasion de répondre une bonne fois aux questions que ce jour fantôme soulève : pourquoi existe-t-il, pourquoi saute-t-il parfois son tour un siècle entier, et comment vivent les quelque 45 000 Français nés ce jour-là.
Un quart de jour qui déborde chaque année
Tout vient d’un désaccord entre le ciel et le calendrier. La Terre boucle son tour du Soleil en 365,2422 jours environ : presque 365 jours et un quart. Notre calendrier, lui, compte des jours entiers. Chaque année ordinaire laisse donc filer environ six heures de retard, invisible à l’échelle d’une vie, catastrophique à l’échelle des siècles : sans correction, les saisons glisseraient d’un mois tous les 120 ans environ, et les fêtes de fin d’année finiraient par tomber au printemps.
La parade date de Jules César, en 46 avant notre ère : ajouter un jour tous les quatre ans pour solder les quatre quarts accumulés. Le jour choisi doubla le sixième jour avant les calendes de mars, d’où le nom savant « bissextile », le sixième compté deux fois. Vingt siècles plus tard, la mécanique tourne toujours : 2024 fut bissextile, 2028 le sera, puis 2032, 2036 et 2040.
Le compte à rebours peut d’ailleurs se vérifier sur notre outil de jours entre deux dates : du 8 septembre 2026 au 29 février 2028, 539 jours. Le jour le plus rare du calendrier se mérite.
Le raffinement grégorien, ou pourquoi 2100 sautera son tour
L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais 0,2422 n’est pas 0,25 : la correction de César surcorrige d’environ 11 minutes par an. Broutille ? Au XVIe siècle, l’erreur accumulée atteignait dix jours pleins, et l’équinoxe de printemps dérivait dangereusement pour le calcul de Pâques. En 1582, le pape Grégoire XIII trancha dans le vif : suppression de dix jours du calendrier, en Espagne on s’endormit le 4 octobre pour se réveiller le 15, et ajout d’une règle d’exception restée en vigueur.
La règle complète tient en trois lignes : bissextile si divisible par 4 ; sauf si divisible par 100 ; sauf exception de l’exception si divisible par 400. Ainsi 2000 fut bissextile (divisible par 400), mais 2100, 2200 et 2300 ne le seront pas, avant le retour de 2400. Trois siècles sur quatre perdent leur 29 février centenaire, et le calendrier retombe sur ses pieds avec une précision remarquable : un jour d’écart tous les 3 000 ans environ.
Personne parmi nous ne verra 2100 sauter son tour, mais l’anecdote a un charme particulier : tous les humains vivants ont connu l’exception de l’exception, l’an 2000, sans que la plupart s’en aperçoivent. Le calendrier a exécuté ce soir-là sa manœuvre la plus rare, celle qui ne sert qu’une fois tous les 400 ans.
Naître un 29 février, mode d’emploi
Reste le club le plus fermé du calendrier : les natifs du 29 février, environ une naissance sur 1 461, soit grosso modo 45 000 personnes en France. Leur quotidien administratif est mieux réglé qu’on ne l’imagine : en droit français, la majorité s’acquiert le 1er mars de l’année des 18 ans, et les logiciels bancaires ou d’état civil ont appris à gérer la date depuis longtemps.
Pour l’anniversaire, deux écoles s’affrontent avec bonne humeur : les « février » fêtent le 28, dernier jour du bon mois, les « mars » attendent le 1er, jour qui suit leur vraie date. Et tous les quatre ans, la fête au carré : en 2028, les natifs du 29 février 2000 fêteront leur 7e anniversaire calendaire pour leurs 28 ans réels, un rapport que notre calculateur d’âge traduit sans sourciller.
D’ici là, le calendrier ordinaire suit son cours : 2027 sera une année de 365 jours, sans étage supplémentaire. Les curieux peuvent déjà vérifier quel jour de la semaine ils sont nés, les natifs du 29 février y ont droit aussi. Quant au mardi 29 février 2028, notez-le quelque part : c’est le seul jour des quatre prochaines années qui n’existe, littéralement, qu’une fois.
Vos questions
Quelle est la prochaine année bissextile ?
2028. Le prochain 29 février tombera le mardi 29 février 2028, soit 539 jours après le 8 septembre 2026. Les suivantes : 2032, 2036 et 2040. La règle de base : les années divisibles par 4 sont bissextiles.
Pourquoi existe-t-il des années bissextiles ?
Parce que la Terre met environ 365,2422 jours à faire le tour du Soleil, pas 365 exactement. Sans correction, le calendrier prendrait un jour de retard tous les 4 ans environ, et les saisons dériveraient : Noël finirait en été au bout de quelques siècles. Le jour ajouté tous les 4 ans rattrape l'essentiel de ce décalage.
Pourquoi l'an 2100 ne sera-t-il pas bissextile ?
Parce que la correction de base surcorrige légèrement : 0,2422 jour par an ne vaut pas exactement un quart. Le calendrier grégorien affine donc la règle : les années divisibles par 100 ne sont pas bissextiles, sauf celles divisibles par 400. 2000 était bissextile, 2100, 2200 et 2300 ne le seront pas, 2400 le sera.
Que se passe-t-il pour les personnes nées un 29 février ?
Elles fêtent un « vrai » anniversaire tous les 4 ans, et choisissent le 28 février ou le 1er mars les autres années. Légalement, en France, elles gagnent leur majorité le 1er mars de leurs 18 ans. Naître un 29 février concerne environ une personne sur 1 461, soit à peu près 45 000 personnes en France.